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BookTubers – Quelles perspectives?

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Les BookTubers (https://ginadelpe.wordpress.com/2016/02/29/booktube-ou-le-livre-presente-autrement/) commencent à attirer l’attention en dehors de leur cercle;  le monde de l’édition s’y intéresse de plus en plus.  Le Syndicat National de l’Edition, lors des assises du livre numérique de 2014 en France, proposait déjà la conférence «Qui sont les BookTubeurs».  En mai 2015, Livres Hebdo, magazine français destiné aux professionnels du livre, leur consacrait un dossier «Le Temps des BookTubeurs».

Étant très suivis par des dizaines de milliers d’abonnés, les BookTubers  représentent une aubaine pour les éditeurs.  En effet, ces derniers sont informés sur les goûts et préférences des lecteurs et ont en même temps la possibilité de faire connaitre les dernières parutions. Les maisons d’éditions et les auteurs ont saisi l’importance de proposer des ouvrages intéressant ce public.

En novembre 2014,  à l’occasion du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, en France,  des auteurs de littérature jeunesse faisaient part de leur satisfaction vis à vis de BookTube et des blogs autour de la jeunesse. Cela palliait, selon eux,  au manque frappant de critiques professionnelles versées dans le créneau jeunesse au niveau des médias traditionnels. En effet, très peu d’émissions  sont consacrées seulement à la littérature et encore moins à ce jeune public et aux livres qui retiennent son attention.

BookTube,  le futur de la critique littéraire?

BookTube a une assez grande influence sur cette nouvelle génération de lecteurs. Ces derniers peuvent désormais trouver les conseils qu’ils recherchent et qu’ils ne reçoivent pas  dans les médias et les bibliothèques. Le rôle de conseiller, d’intermédiaire du livre qui était auparavant celui des bibliothécaires, semble désormais être endossé par BookTube.  Les bibliothèques, pour la plupart, n’ayant pas su s’adapter à l’arrivée des réseaux sociaux, à la culture du web  (échanges sur le web avec les lecteurs, compréhension de leurs codes et rituels etc.).

L’indépendance des BookTubers

Beaucoup se demandent toutefois, si les BookTubers font de la critique ou de la promotion.  Certains recoivent en effet une rémunération pour mentionner des titres dans leurs vidéos. Aux Etats-Unis, en Argentine, des BookTubers font de ce loisir  une activité lucrative. Ils proposent de placer des produits ou bien ils s’affilient à des librairies en ligne.  D’autres font appel à des agents, dans le but d’obtenir plus de vues et gagner davantage d’argent.

Quelle que soit la ligne ou l’orientation choisie, tous les BookTubeurs s’entendent sur un point: la priorité à la lecture.  D’autant que beaucoup se sont impliqués dans cette activité,  en raison du vide de la communication en littérature jeunesse.   Pour Justine de Fairy Neverland : «Le but est de faire découvrir des livres.  Certaines personnes m’ont dit qu’elles avaient commencé à lire après avoir regardé des vidéos. C’est ça qui est important.»

Sources :

http://lrf-blog.com/2014/12/07/booktube/

http://mondedulivre.hypotheses.org/4116

http://www.slate.fr/story/108953/booktubeurs-nouveaux-youtubeurs-mode

 

 

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  1. Gina, j’apprécie beaucoup le phénomène de BookTubers, il répond à l’émergence d’un nouveau type de lecteur biberonné à l’Internet, au Web, et au 2.0.

    Il correspond à un besoin d’allier plaisir des livres, partage de l’émotion ou du sentiment et achat de ces œuvres (faisant vivre le monde de l’édition dont la survie reste tout de même en pointillé). Il donne une chance à la lecture, c’est vital.

    Mon unique problème avec ces BookTubers c’est justement qu’ils sont très Digital Natives, la prédominance du livre jeunesse (Twilight, Hhunger Games, Harry Potter, etc.) questionne sur la qualité culturelle (l’apport intellectuel) d’un tel mouvement.

    Je ne dis pas que ce n’est pas intelligent, au contraire, je crains juste que l’on ne s’arrête à cette sorte de Booktainment (le livre-spectacle, le show livresque ou littéraire) et qu’elle ne colonise tout le reste (comme l’infotainment, l’info-spectacle a colonisé l’information). Que l’on pousse de plus en plus les écrivains à écrire pour plaire ou être lu par cette nouvelle génération d’individus au pouvoir économique non négligeable. On n’écrit pas pour répondre à une stratégie marketing. Pour la notoriété. C’est bien supérieur à ça. Du moins, c’est supposé l’être.

    Et j’ai peur que la qualité même de la langue, de la réflexion, n’en pâtisse dans le long terme. Que les jeunes demandent le remplacement dans les programmes scolaires de Germinal d’Emile Zola (trop long, trop complexe) par Hunger Games, que l’Apologie de Socrate tombe en désuétude pour Divergent de Veronica Roth, etc.

    Un peu comme la nouvelle révision orthographique (ognon, nénufar, etc.) et les nouveaux mots (picnic, selfie, beuh, bolos, open data, vegan, lose, tendu comme un string, etc.) dans le dictionnaire qui au nom de la modernité, de la flexibilité, de l’accessibilité achève d’appauvrir la langue (comme je l’ai écrit ici – http://50nuancesdedave.wordpress.com/2016/03/18/la-langue-francaise-nest-plus-sexy/ – cela va bien au-delà d’une adaptation, d’un dépoussiérage).

    Il faut certainement encourager les BookTubers, et espérer qu’un livre jeunesse puisse être une porte menant à une littérature plus riche, plus vaste, et non être son oraison funèbre. Voilà ma préoccupation.

    Merci pour ce billet Gina.

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    Réponse
    • Dave, je comprends vos préoccupations par rapport à la qualité des livres proposés et vos inquiétudes quant aux éventuelles dérives qui pourraient découler de ce mouvement. Cependant, BookTube peut être aussi vu, comme un tremplin, une initiation, pour ces jeunes, au plaisir de la lecture, avant qu’ils ne passent à la littérature ‘’adulte’’. De plus, même si la plupart de ses adeptes sont plutôt attirés par l’univers d’Harry Poter, certains (plutôt rares on l’admet) manifestent de l’intérêt pour d’autres genres littéraires. À espérer que ces derniers feront de plus en plus école.

      Aimé par 1 personne

      Réponse
      • Espérons. Espérons. Que les admissions à Poudlard n’en prennent pas un coup, en ces temps d’austérité, il faut s’en remettre à la magie. 😉

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