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POUR UNE COMMUNICATION RÉUSSIE

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Processus par lequel on transmet des informations ou des connaissances à autrui, la communication fait partie de notre réalité quotidienne.  Cependant, établir des relations avec les autres, leur transmettre des messages, cela suffit-il pour que la communication soit une réussite?   Selon certains experts, des habiletés particulières se révèlent nécessaires, pour que la communication soit un succès et satisfasse toutes les parties impliquées.

Il faut davantage que les mots

Dans le domaine de la communication, on a longtemps pensé que l’émetteur avait le rôle le plus important et que le récepteur était complètement passif. Ainsi, selon cette théorie, on croit par exemple que le professeur est actif et non l’étudiant.  Concrètement, les choses se passent autrement. Sans un échange réel entre les deux parties, la communication n’a pas vraiment lieu.  Que faut-il pour cela?

Lorsqu’on s’exprime, on fait appel à des signes verbaux et non verbaux pour schématiser et transmettre au mieux son message. Pour que la communication ait lieu, il faut que celui à qui s’adresse le message en reconstruise la signification. Sans cela, on émet des sons, on écrit des messages, mais on ne peut pas vraiment parler de communication. Cependant, ce serait illusoire de croire que le message sera reconstruit tel que délivré par l’émetteur, ce, pour de multiples raisons : le ton de l’orateur ou l’opinion qu’on a de celui qui s’exprime ou le contexte dans lequel est délivré le message. Ainsi, en période de récession, un employé ne retiendra du discours de son patron que le fait qu’il conserve son emploi.

L’émetteur du message a quand même quelques outils pour s’assurer que la reconstruction se fasse dans le sens où il le souhaite. Il s’arrangera ainsi pour répéter de façon différente un message qu’il pense difficile à saisir ou attirera l’attention sur ce qui est plus important. Se montrer empathique, se mettre à la place d’autrui se révèle assez utile pour diminuer les risques de mésinterprétation.

En dépit de tous les efforts déployés par l’émetteur, le récepteur ne se laissera pas manipuler pour autant, car il crée un contre-discours. Intérieurement, il se fait une opinion sur le message et son auteur. Il se dit par exemple, ‘’qu’est-ce que l’auteur veut dire ici’’ ou ‘’cette phrase ou ce paragraphe n’a pas sa raison d’être’’.  L’auteur quant à lui, pour orienter le conte-discours, utilisera certaines expressions telles que ‘’n’allez surtout pas penser que’’ ou ‘’ du moins je le crois’’. On voit donc le caractère à la fois interactif et complexe de la communication.

C’est cette activité entre émetteur et récepteur qui détermine le sens et la portée finale du message.  Ceci a de quoi inciter les émetteurs de messages à beaucoup plus d’humilité;  car il ne suffit pas d’écrire ou dire les choses clairement pour qu’on les comprenne.

L’identité des interlocuteurs

Toutes les fois qu’on communique, c’est une façon de dire à l’autre qu’on existe. Ainsi, prendre la parole, c’est une façon d’exister par rapport aux autres. En même temps, quand nous communiquons, c’est une façon de signifier à notre interlocuteur qu’on a remarqué sa présence, qu’il existe pour nous. On en veut pour exemple, ces bribes de conversation ‘’bonjour’’ ou ‘’comment ça va’’.

À travers la communication, en plus d’affirmer notre existence et celle des autres, nous dévoilons qui nous sommes. Quel que soit le sujet traité, on révèle un peu de son identité.  D’un autre côté, celui qui parle, exprime à ses auditeurs qui ils sont pour lui. Les sujets abordés, la manière dont ils sont présentés sont très révélateurs. Si le langage employé est très simple, l’interlocuteur peut penser que l’intervenant ne le croit pas très intelligent. Si par contre l’intervention est bien préparée, l’auditoire se dira que le conférencier le tient en estime.

L’identité est assez sensible chez les humains.  Les gens réagissent parfois davantage aux messages relatifs à leur identité lors d’une communication qu’au contenu réel de celle-ci. Il s’agit là d’une réalité dont on devrait se rappeler quand survient un problème de communication qui peut être dû au message négatif sur son identité que l’interlocuteur croit lire entre les lignes.

L’élément principal

En communication, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’élément principal ce n’est pas nous, mais l’autre.  Plus nous prendrons en compte les besoins, goûts et intérêts de nos interlocuteurs,  mieux  nous pourrons leur parler.  Par contre, moins nous leur accorderons de l’importance,  moins nous retiendrons leur attention.  Pensez-y quand vous aurez à préparer une réunion importante.  Se renseigner sur ceux avec qui vous aurez à communiquer s’avèrera tout à fait payant.  L’attention à l’autre est le secret pour assurer le succès d’une communication.

 

SOURCE :

Francine Harel Giasson

http://dess.fmp.ueh.edu.ht/pdf/Harel_Giasson_sources_communication_efficace.pdf

 

 

 

 

 

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BookTube ou le livre présenté autrement

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Issu de la contraction des mots anglais Book et YouTube, BookTube est un phénomène qui, depuis ces dernières années, fait l’objet  d’un engouement extraordinaire de la part des jeunes amateurs de livres.

De quoi s’agit-il?

Des jeunes, généralement des jeunes femmes dans la vingtaine, les‘’booktubers’’ sont passionnés par les livres, particulièrement les livres jeunesse, les romans jeunes adultes, la littérature de l’imaginaire (science-fiction, fantastique).  À travers des vidéos artisanales, créant une mise en scène où se mêlent souvent l’humour et l’ironie, ils nous font découvrir leur univers, la plupart du temps, leur chambre ou leur salon, avec des étagères remplies de livres qu’ils commentent avec enthousiasme et passion.

Ils sont suivis par une communauté de lecteurs, en constante expansion. Le phénomène a vraiment pris de l’ampleur, particulièrement dans les pays anglophones et hispaniques, où les booktubers les plus connus sont suivis par plusieurs centaines de milliers d’abonnés et enregistrent des millions de vues.

Aux États-Unis et dans le monde francophone, parmi les booktubers jouissant d’une grande notoriété, on peut citer :

• L’américaine Christine Riccio, l’une des pionnières, suivie par 162 000 personnes sur sa chaîne PolandbananasBOOKS, avec plus de 14 millions de vues.
https://www.youtube.com/user/polandbananasBOOKS

Les françaises :
• Nine des Lectures de Nine, avec 20 513 abonnés et 977 801 vues (depuis mars 2013)
• Justine de FairyNeverland avec 16 275 abonnés et 997 417 vues (chaîne ouverte en octobre 2011)

La suisse :
• Margaud Liseuse avec 19 021 abonnés et 1 215 725 vues (depuis octobre 2007)

L’hyper-connectivité est l’une des caractéristiques de ces jeunes lecteurs. En effet, une grande interaction existe avec le public qui commente et partage son expérience, mais également entre les booktubeurs qui se lancent des défis avec des tags (sorte de questionnaires thématiques), ou des vidéos en commun.

Pour se faire connaître, augmenter leur audience et rester en contact avec leur public cible, les booktubers utilisent plusieurs médias sociaux (Facebook, Google +, Twitter, Instagram, Tumblr, réseaux sociaux littéraires, etc.). Certains d’entre eux tiennent également un blog.

Le langage des booktubers

Cette communauté de lecteurs a ses propres règles de communication, un jargon qui lui est propre. On y retrouve pas mal d’acronymes et d’anglicismes. Citons-en quelques-uns :
– PAL (pile à lire)
– Bookshelf (bibliothèque)
– Wish list (liste d’envies de lectures)
– Swap (échange de colis entre internautes)
– Bookhaul (ou butin de livres) un bilan des achats
– Unboxing, un déballage de colis ou encore un Wrap up, un bilan des lectures
– Public library haul (la présentation d’un butin de livres empruntés à la bibliothèque municipale)
– Pretty spines (une sélection de livres dont le dos est particulièrement joli)
– Read-a-thon et le BookTube-a-thon : des marathons de lectures

Dans le but de se faire comprendre par tous leurs fans, certains booktubers diffusent des vidéos dans lesquelles ils expliquent ce langage particulier. On retrouve ici une vidéo de NiNe, présentant ou plutôt décodant les expressions favorites des booktubers

Pour compléter ce portrait des booktubers, nous aimerions souligner un aspect plutôt paradoxal de leur personnalité. Cette nouvelle génération de lecteurs qui pour la plupart, n’ont rien connu d’autre que la technologie, sont curieusement des fanatiques du papier; ils y sont très attachés. Dans les vidéos, on les voit manipuler, toucher les livres avec un certain plaisir; ils posent avec grande fierté devant leurs bibliothèques. Ce qui porte à croire que le livre papier a encore de beaux jours devant lui et n’est pas à la veille de passer de mode.

Source :
Le monde du livre
http://mondedulivre.hypotheses.org/4116

Courrier international
http://www.courrierinternational.com/article/2014/08/21/des-critiques-et-des-clics

Les habiletés politiques

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L’art de mobiliser les sources de pouvoir dont on dispose, est la définition la plus courante généralement associée aux habiletés politiques.
Savoir convaincre, négocier, se créer un réseau, trouver des appuis, comprendre la dynamique de l’influence dans son environnement, sont autant d’habilités politiques.

Être habile politiquement

La dimension politique prend de nos jours, de plus en plus de place.   Les habiletés politiques sont ainsi perçues comme incontournables, si on veut être un acteur important, jouer un rôle déterminant dans son environnement de travail ou même simplement se protéger et garantir son emploi. L’environnement de travail étant considéré comme une arène où s’exercent des jeux de pouvoir ou d’influence.

Dans l’organisation, bien comprendre la dynamique de pouvoir, connaitre le réseau social des personnes, connaitre les valeurs qui y sont privilégiées, sont autant d’informations permettant de mieux se situer et d’évaluer sa propre position dans cet ensemble.

Avoir de bonnes idées ne suffit pas ou du moins  ne suffit plus. Pour les concrétiser, l’appui et le soutien de personnes influentes se révèlent nécessaires. C’est être bien naïf de croire que travailler consciencieusement, suffit seulement à provoquer l’adhésion, sans prendre en compte certains intérêts conflictuels ou chercher l’appui de personnes dont l’avis compte. Au sein de l’organisation, défendre ses travaux, les vendre, sont de toute importance, sous peine de les voir rejetés ou négligés. Pour avoir de l’impact, c’est donc une responsabilité, voire un impératif, de faire reconnaitre les mérites de ses projets ou de ses propositions.

Les réticences

Bien qu’elles se révèlent utiles pour faire approuver ses idées, ses projets, au sein des entreprises ou au niveau personnel pour faire progresser sa carrière, les habiletés politiques sont souvent décriées. Elles sont, en effet, associées assez souvent à la tricherie, la perfidie.
Les réserves face aux habiletés politiques s’expliquent aussi par certaines croyances, sur la manière dont devraient se comporter et fonctionner le monde et les organisations. Parmi ces croyances, on peut citer :
• La méritocratie (les récompenses sont accordées au mérite et de façon objective)
• Les relations humaines purement désintéressées
• L’autosuffisance (ne compter que sur ses propres moyens et ne rien devoir à personne)

Le devoir d’être habile politiquement

Les personnes honnêtes et compétentes, sous peine de laisser les mains libres aux incapables, tricheurs et malhonnêtes, devraient considérer qu’il est de leur responsabilité d’être habiles politiquement. Dans cet ordre d’idées, les habiletés politiques peuvent être considérées comme le complément indispensable de la compétence et de l’honnêteté.

Pour s’engager dans cette voie, tout en reconnaissant son désir d’influencer les autres et les éventements :

  • Il faut avoir confiance en soi et en son jugement
  • Il importe de comprendre que la méritocratie, les relations humaines désintéressées, l’autosuffisance, tout en étant louables en soi, ne représentent pas une vision juste de la réalité et de la façon dont les projets sont concrétisés.
  • Il faut se demander si on est disposé à déployer l’énergie nécessaire que supposent les habiletés politiques.

Les habiletés politiques, en fait, devraient être considérées, non comme de la manipulation, mais plutôt comme un atout permettant d’atteindre des objectifs que l’on estimeraient valables.  Nous ne voulons, bien entendu, pas ignorer que certaines actions posées au nom des habiletés politiques, s’associent davantage à la politicaillerie et aux combines.

Ceci étant dit, nous pensons qu’il revient à chacun de déterminer sa position morale vis à vis des habilités politiques.  Chacun ayant, en définitive, en fonction de ses valeurs, de son propre code d’éthique,  la responsabilité de distinguer les gestes politiques louables et valables de ceux qui ne le sont pas et de choisir le type de fonctionnement qui lui convient.

Source
Francine Harel Giasson, Les habiletés politiques : sans elles, point de salut

http://www.rsv.espacedoc.net/fileadmin/forres/habiletes-politiques-giasson.pdf

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